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Et si on arrêtait de diaboliser nos académies ?

Lors du “mardi papote” sur instagram, nous recevons énormément de questions sur nos deux académies respectives. Pour remettre avant dans le contexte, nous allons rappeler, pour celles et ceux qui ne nous connaissent pas, les académies dans lesquelles nous enseignons.

N : Cela fait maintenant 6 ans que je vis dans le 78. J’étais auparavant EAP pendant deux ans dans l’académie de Créteil avant de faire ma troisième et dernière année dans l’académie de Versailles. J’ai décidé de venir passer le concours dans l’académie de Versailles que je ne connaissais absolument pas. Je n’y avais clairement jamais mis les pieds, mais le nombre de postes proposés m’a permis de me lancer.
Lors de mon année de T1, j’ai été baladé sur 4 classes par semaine. Des classes qui se situaient en ville ou même en pleine campagne. Ce fût une année assez difficile mais elle m’a beaucoup appris. J’ai eu la chance ensuite, lors de mon année de T2 d’obtenir mon poste de TPS en provisoire. Et la chance, par la suite, de l’obtenir en T3 à titre définitif. Ce qui représente quand même un rêve que je ne pensais pas atteindre aussi jeune dans le métier.

A : Voilà 6 ans que je suis enseignante dans le 94, avant d’obtenir le concours, j’ai été comme Nina EAP durant 3 ans dans le 94 également. Et avant ça ? Et bien, cela fait 27 ans que je vis, travaille, apprend dans l’académie de Créteil. J’y suis même née. Tout mon monde est ici, ma famille, mes amis. Je ne me voyais pas passer le concours ailleurs, quel que soit le nombre de postes d’ailleurs. Pour la suite, je fais partie des chanceuses : j’ai eu ma classe à l’année dès mon année de T1. En provisoire d’abord, un 31 août, à l’autre bout du département. Dans une ville que je n’avais pas du tout demandée lors de mon mouvement, que je n’avais même pas envisagée. Et puis un an plus tard, malgré une année sportive, j’y suis restée. J’ai demandé des postes dans cette ville lors du mouvement et me voilà T2 avec un poste définitif : ma classe à moi sans avoir plus à vivre le mouvement. 

Pourquoi est-il important pour nous de faire cet article ? 

Nous avons cette impression que tout est diabolisé, qu’enseigner ici c’est forcément un enfer et qu’on en sort malheureux…

Alors comme nous le disions plus haut, nous recevons énormément de questions en ce qui concerne nos deux académies. Aujourd’hui, nous avons souhaité écrire un article sur la question, vos questions. Répondre aux préjugés et interrogations depuis notre point de vue, afin de donner toutes les billes que nous avons à celles et ceux qui se posent la question : est-ce que je veux enseigner à Créteil ou Versailles ? 

Évidemment, cet article est une réponse selon nos pensées, nos opinions. Il ne fait pas foi pour tous mais il vous donnera un témoignage sincère de notre quotidien à nous. 

Est-ce vrai qu’une fois dans ces académies, impossible d’en sortir ?

Oui, on le sait, sortir de ces académies est une chose compliquée. Mais pas IMPOSSIBLE. Tout dépend où vous souhaitez aller par la suite, tout dépend de votre situation familiale, tout dépend d’un tas de choses…

Alors oui, on sait qu’en passant le concours ici, nous sommes un peu plus bloqués qu’en le passant ailleurs. Mais nous connaissons des gens qui ont réussi à partir, avec 3 ans d’ancienneté, avec parfois 10 ans d’ancienneté. On sait que le souci aussi est d’être accepté ailleurs. Donc si nous n’arrivons pas à partir, il y a aussi l’accueil ailleurs qui est à prendre en compte… Il ne faut pas tout mettre sur le dos de ces deux académies. 

Est-ce que vos classes sont difficiles (violence, élèves perturbateurs …) à gérer ?

Que l’on soit à Toulouse, à Grenoble, à Marseille, à Versailles ou à Créteil. Il y a forcément des classes compliquées. Nous vivons tous et toutes des années plus difficiles que les autres. Mais, il faut bien se dire que ce n’est pas une généralité. Alors on ne peut pas affirmer la chose non plus étant donné que nous ne savons pas comment sont les classes en province… Certaines années seront des années bisounours, certaines années seront compliquées, le but n’est pas de le cacher ou de sublimer nos académies. Vous le savez, avec nous c’est la vraie vie qu’elle soit douce ou dure. Certaines années, nous pouvons rencontrer des élèves plus perturbateurs, d’autres plus en colère, violents … Ils ne font pas une classe en entier, même si il ne sont pas toujours facile à gérer. On est souvent seuls dans nos classes mais derrière, il y a une équipe d’enseignants et de spécialistes à qui faire appel lorsqu’on est confronté à ces élèves et leurs problèmes. 

Il est important de préciser aussi, qu’au fur et à mesure des années, on acquiert des gestes professionnels qui facilitent la gestion de classe. 

Est-ce que le niveau des élèves est vraiment plus bas (élève très en difficultés majoritaire (80%) dans la classe) ? 

Encore une fois, il ne faut pas généraliser. Le niveau est ce qu’il est partout. Tout dépend des villes (ou quartiers) dans lesquelles on enseigne, des élèves, des années, des besoins. Ça fait partie de notre travail de nous adapter à chaque élève et de les faire avancer le plus loin possible. Oui le niveau peut-être très hétérogène dans une classe mais chaque classe est créée par les enseignants de l’école comme n’importe où ailleurs, il est rare d’avoir une majorité d’élèves en difficultés dans les classes ou alors c’est un choix particulier du conseil des maîtres pour des raisons particulières. Chaque année, on reprend de là où ils s’en étaient arrêtés, c’est aussi le point fort de nos programmes sur un cycle de 3 ans, ils ont le temps d’apprendre. 

Le coût de la vie est-il vraiment plus élevé ? 

Bien évidemment, sur nos académies, le coût de la vie n’est pas donné. Nous sommes proches de la capitale, ce qui explique aussi ce “coût”. Le coût de la vie est plus élevé car il répond aux salaires des entreprises privées qui sont plus élevés également.  Mais il y a aussi de nombreux avantages, comme le fait d’être à Paris en très peu de temps, que ce soit en transport ou en voiture. Ce qui nous donne la chance d’avoir accès aux expo, aux musées, etc. 

Alors oui, nous payons plus cher mais nous pouvons vivre, du moins dans notre cas. Encore une fois, tout dépend des situations et des besoins de chacun. Mais sachez que nous avons été locataires et aujourd’hui propriétaires avec des salaires échelon 3 et 5 sans aucun apport d’ailleurs. 

Est-il impossible d’avoir une classe à titre définitif ? 

Non, encore une fois comme dans chaque département, académie … Il y a des endroits plus bouchés que d’autres. Lors du mouvement, il est important de se renseigner auprès des syndicats, des écoles aussi. Établissez vos critères de choix, pour nous le plus important était d’avoir nos classes quelque soit la distance, au final Nina est à côté de chez elle et je l’étais également jusqu’à mon déménagement donc on peut avoir un poste définitif et être proche de chez soi très rapidement puisque nous les avons eu en T2 et T3. Tout dépend des années, des critères de choix, des prérogatives de chacun … Bref, chaque cas est singulier. On parle de nous, évidemment. Mais on connaît beaucoup de monde autour de nous qui ont aussi eu un poste définitif rapidement et encore une fois il ne faut pas généraliser. D’autres n’en ont pas rapidement. 

Est-ce que tout le monde a son concours du premier coup ? 

Les académies de Créteil et Versailles sont extrêmement denses en population. Imaginez que l’académie de Versailles est la première académie de France par l’importance de ses effectifs avec 1 181 210 élèves dans les premier et second degrés, soit 9% des effectifs scolarisés de la France. Il y a donc plus de postes à pourvoir car plus d’écoles, plus d’enfants. Alors oui, beaucoup plus de candidats sont pris, les notes éliminatoires y sont plus basses mais l’échec est toujours possible même chez nous. Lors de notre passage au concours, nous avons été témoins de candidats qui ne passaient pas les écrits ou les oraux. Ça arrive partout. Nous avons le même sujet que l’académie de Lille par exemple et pourtant, le nombre de postes disponibles chez nous les rend moins attractives. 

Est-il vrai que les élèves sont très difficiles et que les relations avec les parents sont très compliquées ?

On ne fera pas de généralités car nous ne connaissons pas la réalité en dehors de nos écoles, nous avons eu (et nous avons encore) des élèves difficiles. Certaines années sont compliquées quand d’autres années, on vit dans le monde des bisounours. Les relations aux parents peuvent être compliquées, cela dépend des familles, des années, des problématiques mais depuis 6 ans, ce n’est pas une difficulté pour nous, au contraire,  nous sommes plutôt heureuses des relations que nous avons mis en place avec les parents. Elles sont extrêmement enrichissantes. Nous sommes le repère de ces familles, leur point d’ancrage dans un système souvent très trouble. 

Est-il vrai qu’il est difficile de se loger ? 

Nous ne sommes évidemment pas dans l’immobilier mais voici notre expérience. 

A :  J’ai déménagé 5 fois depuis que j’ai quitté papa-maman et cela a été simple. Il y avait du choix à chaque fois, j’ai trouvé rapidement et cela répondait toujours à mes critères que se soit en pleine ville ou plus récemment à la campagne. Depuis le mois de septembre dernier, je suis co-propriétaire d’une maison de 120m2 avec vue sur les champs, ma campagne. Encore une fois, l’achat s’est passé extrêmement vite et bien. Nous avons été soutenus tout de suite par une banque alors que nous n’avions aucun apport. Il est donc tout à fait possible de trouver son bonheur dans l’académie de Créteil niveau logement. 

N : J’ai aussi énormément bougé depuis mes 17 ans. Je suis arrivée à Créteil quand j’avais 18 ans et je n’ai jamais eu aucun souci pour trouver un logement. Le seul moment où j’ai eu une difficulté de logement a été quand j’étais T1. J’étais seule et je ne pouvais pas garder seule l’appartement que j’avais à l’époque. Il a fallu que je trouve un toit sous lequel me loger mais j’étais très exigeante et je voulais absolument une pièce bureau. C’est en cherchant qu’un agent immobilier m’a lancé sur la voie de l’achat : que je ne regrette absolument pas aujourd’hui. Il est tout à fait possible de trouver un cocoon douillet et pas trop éloigné de notre école, que ce soit en achat ou en location. Ce qui ne manque pas en ile-de-france ce sont les logements ! 

Est-il vrai qu’il y a beaucoup de bouchons ?

Comme on le disait, autour de Paris, il y a une grosse densité de population donc oui, il y a des bouchons comme autour des grandes villes mais aujourd’hui avec Waze et des habitudes, on tombe moins dedans et on apprend à être patient ! 

Est-il vrai qu’on est loin de son logement ? 

Certains sont loin, d’autres sont proches. Tout dépend encore une fois de ses choix de vie : où l’on veut habiter mais aussi si le mouvement nous donne ce que l’on veut et là, c’est encore une autre difficulté. Nina est à côté de chez elle par chance, Anaïs est à 1h par choix.

Est-ce vrai qu’il a beaucoup de REP et de REP+ à Créteil 

Les chiffres sont disponibles sur internet donc, il n’y a aucun secret. Sur un total de 2903 écoles et collèges publics, il y a en tout 135 collèges et écoles REP et REP+ (il faut que le collèges dont dépend l’école soit classé REP(+) pour que l’école soit REP(+)) dans l’académie de Créteil. Vous pouvez, d’ailleurs, trouver la carte de chaque départements ici

« Travailler dans vos académies est psychologiquement dur » ? 

Encore une fois, ce sera un retour personnel mais nous sommes loin d’être malheureuses. Nous avançons dans nos vies et nous sommes bien physiquement et psychologiquement en Ile-de-France. Alors oui, si quelqu’un vient d’une autre région mais n’était pas prêt à partir, c’est sûrement difficile.
Voilà pourquoi cet article n’a pas pour but de vanter les mérites de nos académies plutôt que d’autres. D’ailleurs, on ne connait pas la vie dans les autres académies. Nous avons voulu à travers ce question-réponse, vous offrir le point de vue de différentes personnes qui vivent dans nos académies au quotidien et non, les idées reçues et rumeurs colportées.

Ce qu’on répète à chaque personne qui vient nous demander conseil sur le fait de passer le concours ici, c’est qu’il faut se poser les bonnes questions avant de venir. 

Témoignages 

Pour finir, cet article nous avons demandé à certains d’entre-vous qui ont tout quitté pour venir enseigner à Créteil ou Versailles de témoigner de leur expérience.

« Poitevin d’origine, j’ai quitté cette région pour aller tenter le concours à Bordeaux où j’ai suivi une préparation IUFM. Je l’ai loupé deux fois car mon niveau n’était pas assez élevé par rapport au nombre de places (et je tiens à préciser que le concours et le métier sont deux choses bien différentes). J’ai eu la chance de me professionnaliser très tôt et donc de réaliser de nombreux stages dans des milieux différents. Cela m’a permis d’avoir moins d’appréhension quant à être possiblement envoyé dans des zones sensibles. J’ai ensuite décidé de tenter ma chance dans l’académie de Versailles, laquelle proposait plus de postes.  Après mon année sur un poste réservé PES en MS-GS, j’ai été muté dans un quartier sensible (ex ZEP, REP+ et aujourd’hui cité éducative) avec une équipe de jeunes enseignants. Nous nous sommes tous entraidés. Je suis resté dans cette école et je continue depuis 8 ans à prendre beaucoup de plaisir avec mes CE2, CM1 et CM2. Certains jours peuvent s’avérer exténuants, mais je sais pourquoi j’ai choisi ce métier. Il y a un réel besoin éducatif. Je regrette parfois d’être aussi loin de ma famille, que je ne peux voir qu’aux vacances. C’est le point sur lequel il est important de réfléchir avant de prendre cette décision. Il convient également d’entrer dans le métier en n’étant pas trop exigeant. Chaque expérience est bonne à prendre et comme dans tout métier il faut parfois en baver un peu. En faisant le choix de partir de chez moi, j’ai découvert un nouveau cadre de vie et de nouvelles personnes venant des quatre coins de France, dont ma chérie Nina, une des maîtresses en baskets ! »
Alex

« Je travaille en Rep+ dans le 93 depuis maintenant 5 ans et je m’y plais.Il n’y a pas de violence dans mon école c’est tout l’inverse : les enfants aiment venir à l’école, c’est un endroit où ils aiment se retrouver et aiment retrouver leurs enseignants. Il y a une proximité différente avec les élèves, nous sommes parfois des confidents ou une figure d’attachement.Concernant le niveau des élèves, il est plus faible c’est une réalité mais c’est plus de challenge pour moi ! Ce qui est plus difficile pour moi dans le 93 c’est pour moi les histoires familiales complexes.J’ai choisi de travailler dans le 93 et je ne me regrette pas. »
Sarah alias @sarah.sgtler

« Je suis P.E dans le département des Yvelines (Académie de Versailles) depuis 2018. Venant de l’Académie de Nantes à la base, je ne voulais pas passer le concours pendant x années, j’avais besoin – pour des raisons personnelles – d’avoir mon indépendance financière rapidement.Nous étions plusieurs dans mon M1 à Rennes à le passer à Créteil ou à Versailles. Il y a eu beaucoup de jugements de la part de certains et de nombreuses tentatives de découragement. Une fille m’a même dit que certains élèves prenaient des armes en cours ! Au final j’ai beaucoup cravaché pour être bien classée et pouvoir choisir mon département et bassin d’enseignement. J’ai atterri dans les Yvelines et trois ans plus tard, je m’y plais toujours autant. Nous sommes dans une petite ville tranquille, au vert, et mon chéri a rapidement eu une mutation à côté de la maison. Nous avons les avantages de vivre pas loin de la capitale directement accessible en transport de chez nous, sans tous les « inconvénients ». Je travaille dans une ville réputée difficile mais c’est un choix de ma part, et en discutant avec des amis restés en « province » je pense pas les élèves plus compliqués qu’ailleurs. La difficulté de mon quotidien en classe est largement compensée par des primes diverses et je suis globalement contente de mon sort, même si certains jours sont plus compliqués que d’autres (mais c’est la même chose pour tout le monde non ?). En arrivant ici, j’ai fait de belles rencontres, de nouvelles amitiés, que ce soit via les réseaux ou au travail, et c’est vraiment chouette et épanouissant. On est très loin du cliché des parisiens austères ! J’ai également quelques copines arrivées seules qui ont construits leur vie et sont très contentes d’avoir passé le concours ici. Il ne faut par contre pas tenter le concours à Versailles en ayant pour objectif de partir rapidement, c’est à mon sens le meilleur moyen d’être malheureux à terme. Qui dit académie déficitaire, dit changement de département compliqué, il faut tout de même le garder en tête. Toutefois, il y a plein d’écoles, d’enfants chouettes, de personnes adorables, les années se suivront et ne se ressembleront pas. Je ne regrette pas mon choix et si c’était à refaire, je le referais sans hésiter ! »
Myriam alors @dubruitdanslaclasse

« Je suis EFS depuis septembre 2020 dans le 94. J’avais beaucoup d’appréhension à enseigner dans l’académie de Créteil. Je crois que j’ai gardé cette représentation négative de la banlieue avec des rixes, des incendies de poubelles, de voitures etc, relatée par les médias. Cette peur que l’agression t’attend au moindre coin de rue… je l’ai eu. Je viens de l’Union près de Toulouse et je travaillais dans la campagne toulousaine. Petite vie calme et sereine … donc gros changement pour moi! Aujourd’hui, mon école est située en plein milieu de la banlieue, entourée donc de grands immeubles qui n’en finissent pas mais clairement j’aime mon école. Oui, le paysage n’est pas beau à voir, oui mes élèves ont quasiment tous des parents étrangers qui ne parlent pas très bien français mais c’est ce qui rend mon métier encore plus enrichissant. Les « problèmes de banlieue » qu’on entend partout, c’est partout justement. Et clairement aujourd’hui c’est avec grand plaisir que je vais enseigner à mes élèves, j’aime mon école et ça, même si c’est Créteil. Comme on dit, ce n’est pas l’habit qui fait le moine… »
Stephanie alias @St3fany6

« Pour ma part j’ai passé la seconde session du CRPE à Versailles en 2019. Ce n’était pas mon premier choix, de coeur, mais plutôt un choix stratégique car je voulais vraiment ce concours. Stratégique oui, mais aussi mûrement réfléchi avant de passer les épreuves. Et je savais ce à quoi je m’engageais, je n’ai pas pris cette décision sur un coup de tête. Je pense que pour partir loin de ses proches et de ses repères il faut se sentir prêt(e) car c’est une nouvelle vie qui démarre et cela peut être difficile: perte de repère, distance avec les proches, solitude, beaucoup de travail… Il faut peser le pour et le contre, comme pour toute grande décision. L’essentiel est d’être en accord avec soi-même. Dans mon cas, quand j’ai su que j’avais obtenu le concours dans le département voulu, j’ai contacté Nina, au culot pour avoir davantage d’informations concernant les secteurs et les villes. Bien sure quand on dit qu’on va exercer en région Parisienne on a forcément un écho de Seine St-Denis, Trappes, Mantes-la-Jolie et Les Mureaux, des villes qui font « peur » avec tout ce que les médias diffusent. Et pour être honnête j’avais moi-même des préjugés et des craintes avant de m’installer dans le 78. Finalement, je m’y sens bien. La région Parisienne a ses avantages et ses inconvénients, comme toute région, comme toute académie. Il y a des quartiers plus difficiles, beaucoup de précarités, des banlieues aussi, mais cela n’est pas propre aux Académies de Versailles et Créteil. Et même dans une école qui, selon les dires, est plus sympa pour exercer, on peut rencontrer des difficultés, des problèmes. En tout cas, professionnellement je ne regrette absolument pas ce choix, ni celui d’être en REP. Je ne vais pas mentir, ce n’est pas facile tous les jours, mais je m’épanouis dans ce que je fais. Pour le côté plus « social » et c’est là je pense qu’il faut se poser les bonnes questions et non pas raisonner en termes de « populations difficiles » selon les académies quand on veut passer le CRPE. Car pour se sentir bien dans sa classe il faut se sentir bien dans sa tête. C’est vrai que c’est difficile parfois d’être éloignée de ses proches, il y a des coups de mou, des moments plus difficiles. Mais le nouvel environnement social fait qu’on peut surmonter ce manque. Partir c’est aussi faire de nouvelles rencontres qu’elles soient professionnelles ou amicales. Et c’est tout aussi enrichissant. Grâce au M2 j’ai fait de chouettes rencontres que ce soit à l’INSPE ou à l’école. Et bien souvent, on se rend compte qu’on est pas seul, que beaucoup ont quitté leur académie pour exercer ici et ça créer des liens. Puis à côté de ça, j’ai Nina qui est devenue une super amie, le changement a été mieux vécu. Il ne faut pas hésiter à regarder les groupes Fb pour échanger avec d’autres personnes. Bref tout ça pour dire que je ne peux donc qu’encourager à venir passer le concours à Versailles mais cela ne doit pas être un sacrifice. Ça doit rester un choix personnel et quelque part une certaine envie de partir aussi. Puis il y a les vacances scolaires qui sont aussi à prendre en compte. Ce sont 15 jours qui nous permettent de décompresser et de retourner dans notre ville se ressourcer auprès de nos proches. Tout comme les vacances estivales. »
Camille alias @maitresse_cami

Alors oui, parfois les classes sont difficiles, oui le coût de la vie est un peu plus élevé. Mais comme partout… Il faut qu’on arrête sincèrement de diaboliser ces académies, qu’on arrête de les montrer du doigt. Et nous pensons qu’il faut aussi se rappeler que chaque enfant a besoin d’apprentissages, d’un enseignant sur qui compter. Il est important de se sentir bien à sa place et dans son quotidien.

Si vous hésitez à venir passer le concours sur Versailles ou Créteil, il y a forcément des questions à vous poser avant de venir. Des questions qui trouveront une réponse, seulement en vous posant devant une feuille en pesant les pour et les contre. 

  • Est-ce que vous êtes prêt(e)(s) à tout quitter en étant loin de votre famille?
  • Est-ce que vous êtes prêt(e)(s) à prendre un nouveau départ ?
  • Est-ce que quitter votre région natale ne vous rendra pas triste dès la première année ?

Il faut vraiment se questionner et se renseigner. Venir sur place des fois, ça aide à dédramatiser. Alors oui, si vous êtes prêt à venir ou y rester : foncez ! 

1 Comment

  • Posted 8 h 51 min 28 février 2021 0Likes
    By Camille

    Merci pour votre article qui déconstruit un très grand nombre de préjugés. Originaire du Sud de la France mais installée dans en région parisienne depuis quelques années, je trouve que la qualité de vie y est excellente et qu’il est possible de s’installer en ville comme à la campagne tout en restant assez proche de Paris. Je suis T1 et ai obtenu un poste définitif au 1er mouvement en étant un peu stratégique. En étant assez flexible, je pense que l’on peut facilement trouver notre bonheur comme dans n’importe quelle autre ville de France. Le point sur lequel nous sommes le moins préparé est la réalité du métier et le fait que certaines années puissent être plus difficiles que d’autres en fonction de l’ambiance au sein de l’école et de l’attitude de nos petits élèves.

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